Alexis Forêt: Sur l'Hermione comme au XVIIè siècle

 

 

 

CLESSY Aventure

S u r  l ’H e r m i o n e , c o m m e  au  XVI I Ie  s i è c l e

À 20 ans, Alexis Forêt s’est plongé dans la navigation, telle qu’elle était assurée il y a plus de 200 ans. Photo DR
Il y a un an, Alexis Forêt n’avait aucune expérience dans la marine. Il revient pourtant d’une aventure unique, au large du Portugal, à bord de l ’Hermione.

Alexis Forêt se remet tout juste de ses émotions. La semaine dernière, il entrait dans le port de Pasaia (Pays Basque espagnol), après 15 jours de navigation à bord de l’Hermione. Hissé en haut du mât, à près de 50 mètres au-dessus de l’océan, le jeune Clessyssois a savouré un instant privilégié, partagé avec des milliers de curieux massés sur le rivage.

« C’était hallucinant. Il y avait des gens partout, même dans les montagnes, raconte le jeune homme. Des bateaux nous suivaient dans ce petit port. C’était magnifique. » S’il garde ces images en tête, c’est aussi parce qu’elles signaient le final d’une aventure unique dans l’océan Atlantique.

Depuis Clessy, Alexis ne s’imaginait pas marin. C’est lors d’une visite à Rochefort, en avril 2017, que le déclic se produit. Il découvre l’Hermione , cette frégate du XVIIIe siècle reconstruite à l’identique entre 1997 et 2012. Il apprend alors qu’il est possible d’embarquer à bord. Problème : il n’a aucune notion de navigation. « Un tel bateau, cela ne m’a pas laissé indifférent. Mais je n’avais aucune expérience, et c’est tout juste si j’avais déjà vu quelques films sur le sujet, comme Pirates des Caraïbes. » Un peu maigre pour s’aventurer en pleine mer.

• Deux mois de maintenance

Tant pis. Il envoie une lettre de motivation au commandant dans laquelle il met en avant son esprit d’équipe. Dans la foulée, Alexis suit une première formation de trois jours, où il se familiarise avec les bases de la navigation tout en suivant des tests physiques. Un impératif : être capable de monter en haut du mât.

L’aventure ne fait que commencer, et le rêve d’intégrer ce bateau-école prend forme. L’été dernier, il rejoint le chantier de maintenance à Rochefort, entre peinture, couture des voiles et entretien des cordages. Restait à embarquer, pour de bon. « Je ne savais même pas si j’allais avoir le mal de mer. Finalement, il m’a fallu un peu de temps pour que l’oreille s’habitue», concède-t-il à son arrivée le 11 mai à Portimão, au sud du Portugal.

• À la force des bras

Gabier parmi 54 compagnons d’équipage, il assure toutes les manœuvres comme deux siècles auparavant, quand l’Hermione était un navire de guerre. L’orientation du bateau est assurée à la force des bras. « Cela demande des efforts sur les cordages, comme à l’époque. Le réglage de la voilure, c’est assez physique. » Et impressionnant, quand on est suspendu à 20 ou 30 mètres de hauteur. « En même temps, ça bouge. On ne sait plus trop la limite entre le stress et le plaisir », confie-t-il. Et l’exercice prend encore plus de piquant, lorsque le bateau s’éloigne des côtes au large du Cap Finistère en raison d’un fort vent de face. « Il fallait changer l’orientation des voiles. On s’est couché à 3 h 30 du matin. »

Aussi, l’Hermione restera comme une formidable aventure humaine, entre jeunes issus de milieux très différents. Concerts improvisés, spectacles et autres tours de magie viendront marquer deux semaines inoubliables. Et peut-être pas sans lendemain, pour cet étudiant en école d’ingénieur en aéronautique. « Après ça, on est tenté de partir dans la marine. »

« Cela demande des efforts sur les cordages, comme à l’époque. Le réglage de la voilure, c’est assez physique.  »

Alexis Forêt, gabier à bord de l’Hermione